La 4G : Une révolution peut en cacher une autre…

On l’aura tous remarqué, le monde des opérateurs est actuellement le théâtre d’une guerre de la communication. On bombarde à grands coups d’annonces sur la couverture réseau 4G et les états majors claironnent leur stratégie pour la déployer et la garantir.

On pourrait conclure qu’il s’agit là d’un nième combat d’opérateurs qui font publicité de leur performance. Or, au delà de l’apparente répétition, les enjeux de la 4G sont d’une nature tout autre pour les acteurs de l’écosystème de la téléphonie mobile que n’ont été ceux des générations précédentes. (voir le bon article de 01net.com :http://www.01net.com/editorial/592385/xavier-niel-la-4g/).
Il faut savoir que la version 4G en cours de déploiement n’est qu’une première étape permettant d’augmenter le débit « data »(données numériques). Les performances annoncées sont bien sûr supérieures à ce que l’on a connu, mais quelques éléments indiquent qu’elles doivent être relativisées : les réseaux 4G sont pour le moment peu chargés, le renouvellement du parc des mobiles compatibles devant prendre encore un peu de temps (surtout que les offres low cost ne comprennent pas pour le moment les mobiles eux-mêmes) ; les taux de couverture aussi restent faibles. On est donc loin de la maturité d’un réseau à son plein régime, que le grand public et les professionnels utilisent partout et à toute heure pour leur communication. Ce temps viendra. On ne saurait en douter. Les problèmes techniques sont évidemment faits pour être résolus. Or, des problèmes, la 4G en rencontre quelques-uns de taille. Si elle est très performante sur le transport data, elle ne gère pas celui de la voix. Celle-ci reste « sous-traitée » en 3G, ce qui suppose un basculement pouvant dégrader sa qualité. On peut sans mal imaginer que l’usager n’admette difficilement qu’une nouvelle génération donne de moins bons services que la précédente.
On parle d’ores et déjà d’une prochaine phase nommée 4G Full IP, comprenez la dénomination par le transport de la voix également en numérique, à l’instar de ce que l’on connaît déjà avec la téléphonie numérique via les diverses box installées chez soi.
A cela s’ajoute la question, encore sans réponse, de savoir comment la 4G va exercer sa couverture dans les bâtiments. Pour rappel, la 3G contournait (et contourne encore) le problème en utilisant le WiFi. Quelle sera la solution pour la 4G ?
Voilà quelques zones d’ombre qui planent encore sur le sujet et une question s’impose : pourquoi donc passer d’une 3G somme toute performante à une 4G qui verrait la qualité de service régresser ?
La réponse tient en grande partie à ce que la 4G donnera aux opérateurs plus de contrôle dans la gestion même de leur réseau. En passant au tout numérique, le réseau se trouvera grandement simplifié. La partie « core » (corps) disparaîtra peu ou prou et les coûts associés à son entretien également, la partie RAN, qui concerne les aspects « radio » du réseau, sera également allégée. Ce passage d’un feuilleté technologique (instable et difficilement gérable) à une technologie plus compacte représente une véritable révolution pour les opérateurs. D’un point de vu qualitatif, la gestion End to End (le réseau de bout en bout) permettra une meilleure optimisation du réseau (performances des divers services/potentiel du réseau). Les coûts de production seront à terme fortement réduits, ce qui sera en soi déjà révolutionnaire. Mais la révolution, la vraie si j’ose dire, viendra surtout de la meilleure maîtrise du réseau. Avoir plus de contrôle sur les flux, être capable de donner plus à celui-ci, de limiter celui-là, cela ouvre des nouvelles perspectives de revenus. L’ère du « Fine billing »* va pouvoir commencer !

* Fine Billing fait écho au Fine Tuning (réglage fin) et signifie que les opérateurs vont pouvoir facturer plus précisément leurs abonnés.

 

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